La réforme de la facturation électronique est passée en octobre d'un sujet d'anticipation à un sujet d'intendance. Depuis le 1er septembre 2026, toute entreprise assujettie à la TVA doit être en mesure de recevoir une facture électronique. Pas de l'émettre — de la recevoir. La nuance est petite et elle change tout, parce qu'elle ne dépend pas de vous : elle dépend de vos fournisseurs.
La partie qu'on lit mal
Beaucoup de dirigeants de TPE ont retenu « 2027 » et ont classé le dossier. La date de 2027 est exacte, mais elle concerne l'émission de vos propres factures. La réception, elle, est déjà là, et elle s'applique aussi aux micro-entreprises en franchise de TVA.
Concrètement, le jour où un fournisseur bascule — et les grandes entreprises et ETI sont tenues d'émettre depuis cette même date de septembre 2026 — sa facture ne vous arrivera plus par courriel avec un PDF en pièce jointe. Elle transitera par une plateforme agréée, dans l'un des trois formats retenus : Factur-X, UBL 2.1 ou CII. Si vous n'êtes raccordé à aucune plateforme, elle n'arrive nulle part.
Ce que ça demande, en pratique
Trois choses, dans cet ordre :
Choisir une plateforme agréée. C'est le point d'entrée obligatoire. La liste officielle est tenue par l'administration, et c'est elle qui fait foi — pas le comparatif d'un éditeur. Vérifiez-la sur impots.gouv.fr avant de signer quoi que ce soit.
Vérifier vos données d'immatriculation. Votre SIREN, votre adresse et votre régime de TVA doivent correspondre exactement à ce que connaît l'administration. Un écart qu'on ne voyait pas quand les factures circulaient en PDF devient un rejet quand elles circulent entre machines.
Dire à vos fournisseurs où vous joindre. Une plateforme choisie et non communiquée ne sert à rien.
Pourquoi un prestataire informatique vous en parle
Parce que, dans la pratique, ce n'est pas un sujet comptable : c'est un sujet de raccordement. Votre logiciel de facturation, votre plateforme et votre comptabilité doivent se parler, et c'est là que ça coince — un format mal exporté, un identifiant qui ne correspond pas, un flux qui part sans revenir.
C'est aussi une occasion. Les entreprises qui s'y mettent maintenant en profitent généralement pour automatiser ce qui se retapait : la saisie des factures fournisseurs, les relances, le rapprochement avec les règlements. Le travail de raccordement est à faire de toute façon ; autant en tirer autre chose qu'une mise en conformité.
Et si vous ne faites rien ?
Vous ne recevrez pas certaines factures. Pas « vous les recevrez en retard » : vous ne les recevrez pas. Sans facture, pas de récupération de TVA, et des fournisseurs qui relancent sur des règlements que vous n'avez jamais vu passer.
Si vous voulez savoir où vous en êtes, le diagnostic prend une heure : écrivez-nous, nous regardons votre logiciel, votre plateforme et vos flux, et nous vous disons ce qui manque.
Les dates et la liste des plateformes agréées évoluent. Celles citées ici sont à jour au 13 octobre 2026 ; vérifiez-les sur impots.gouv.fr avant toute décision.